Une formidable citation qui anéantit la prose des tapettes guérardiennes

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Une formidable citation qui anéantit la prose des tapettes guérardiennes

Message par Carolus.Magnus.Imperator. le Jeu 21 Avr - 22:24

R.P. Gerald V. McDevitt, S.T.L., J.C.L., The renunciation of an Ecclesiastical Office, p.139-140, 1946 a écrit:Donc, un clerc, s'il devait renoncer tacitement à son office, doit avoir dévié de la foi par l'apostasie ou l'hérésie d'une manière publique selon les explications données plus haut. Et puisque votre serviteur maintient l'opinion selon laquelle la renonciation tacite n'est pas de la même nature qu'une peine, il maintient également que les prescriptions du canon 2229 qui établissent les causes (ignorance etc) permettant d'éviter d'encourir les peines latae sententiae ne s'appliquent pas dans le cas d'une renonciation tacite d'un office pour le clerc qui commet les actes mentionnés au canon 188, n. 4. Et donc, votre serviteur croit que même s'il était imaginable qu'un clerc puisse éviter d'encourir l'excommunication impliquée dans la défection de la foi selon les prescriptions du canon 2229, § 3, n. 1, CE MÊME CLERC PERDRAIT QUAND MÊME SON OFFICE PAR LA RENONCIATION TACITE. À cet égard, une renonciation tacite est comme une irrégularité, laquelle, bien que sous plusieurs aspects ressemble à une peine, n'en est néanmoins pas une au sens véritablement canonique.
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Re: Une formidable citation qui anéantit la prose des tapettes guérardiennes

Message par Rupprecht le Lun 4 Juil - 14:23

A l'appui de ce mon commentaire au-dessus (qui commence après le ETC)
voici par exemple :

Naz, Traité de droit Canonique, t.IV, p.706 a écrit:

Can. 2314, §1, °3 [...] L'adhésion publique à une secte, dans laquelle on n'a pas fait inscrire son nom, se manifeste par une communication in sacris, publique et répétée, avec les membres de cette secte, dans un temple non catholique. Le clerc qui a publiquement renié la foi catholique est présumé renoncer à tous ses offices ecclésiastiques : ils vaquent aussitôt, avant toute déclaration (can. 188, 4°).

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Re: Une formidable citation qui anéantit la prose des tapettes guérardiennes

Message par chouan le Dim 9 Avr - 23:43

Raoul Naz « Dictionnaire de Droit Canonique »

1) « De plus le pouvoir du pape cesserait par suite de démence perpétuelle ou d’hérésie formelle. Dans le premier cas, le pape, étant incapable de faire un acte humain, serait par conséquent incapable d’exercer sa juridiction. L’aide d’un vicaire ne pourrait y suppléer, puisque l’infaillibilité et la primauté de juridiction ne peuvent être déléguées. Le second cas, d’après la doctrine la plus commune, EST THÉORIQUEMENT POSSIBLE, en tant que le pape agirait comme docteur privé. Étant donné que le Siège suprême n’est jugé par personne (can. 1556), IL FAUDRAIT CONCLURE QUE PAR LE FAIT MÊME ET SANS SENTENCE DÉCLARATOIRE, LE PAPE SERAIT DÉCHU. Il n’est d’ailleurs pas d’exemple, dans l’histoire ecclésiastique, qu’un vrai pape soit tombé dans l’hérésie formelle, même en tant que docteur privé. »(R. Naz, Traité de Droit Canonique, t.I, p.376-377)


 2) “Résumons en guise de conclusion, l’explication que les meilleurs théologiens et canonistes ont donnée à cette difficulté (Bellarmin, De Romano Pontifice, l. II, c.30; Bouix, De papa, t. II, Paris, 1869, p. 653; Wernz-Vidal, Jus Decretaliuml. VI, Jus poenale ecclesiae catholicae,Prati, 1913, p. 129). Il ne peut être question de jugement et de déposition d’un pape dans le sens propre et strict des mots. Le vicaire de Jésus-Christ n’est soumis à aucune juridiction humaine. Son juge direct et immédiat est Dieu seul. Si donc d’anciens textes conciliaires ou doctrinaux semblent admettre que le pape puisse être déposé, ils sont sujets à distinction et rectification. Dans l’hypothèse, invraisemblable d’ailleurs, où le pape tomberait dans l’hérésie publique et formelle, IL NE SERAIT PAS PRIVÉ DE SA CHARGE PAR UN JUGEMENT DES HOMMESMAIS PAR SON PROPRE FAIT, PUISQUE L’ADHÉSION FORMELLE À UNE HÉRÉSIE L’EXCLUERAIT DU SEIN DE L’ÉGLISE.”
(R. NAZ, Dict. de Droit Canonique, t. IV, col. 1159) 1953


Voici tout le texte intégral de R. Naz  t. IV col. 1159 :


La question de la déposition du pape ne se pose pas en droit canonique. Le canon 1557, § 1 énonce un principe d’une portée absolue:Prima sedes a nemine judicatur”.
Ce principe était déjà proclamé par des autorités fort anciennes (par exemple le concile dit synodus Palmaris, tenu à Rome en 501, pour juger de l’accusation portée contre le pape Symmaque; cet incident est narré par Kober, op. cil., p. 553 sq. Cf. Vacandard, art. cit., col. 546). Mais c’est la première fois qu’une loi générale le formule dans toute sa force. Auparavant son énoncé fut souvent accompagné de formules restrictives. De là, chez certains auteurs, des expressions impropres ou des hésitations.
Ainsi Gratien inséra dans son Décret (dist. XL, C. 6) un texte qu’il attribue à S. Boniface, parlant du pape en ces termes:


« Hujus culpas redarguere presumit mortalium nullus,quia cunctos ipse judicaturus a nemine est judicandus,nisi deprehendatur a fide devius. »
A un autre endroit de sa collection, Gratien reprend (caus. III, q. VII, C. 13) un texte déjà inséré dans des collections canoniques antérieures et attribué au pape Eusèbe (t 311) :
Oves quae suo pastori commissae sunt, eum nec reprehendere(nisi a fide exorbitaverit),nec ullatenus accusare possunt.


Ces restrictions et d’autres semblables eurent pour effet, en des temps troublés, où la théorie de la supériorité du concile sur le pape trouvait des adhérents, de faire déférer le pape au jugement de conciles ou d’assemblées d’évêques. Mais même alors le principe interdisant de soumettre le pape à une judicature humaine fut souvent proclamé. Citons, à titre d’exemple, ces paroles d’évêques réunis par Charlemagne, en 800, pour juger d’une accusation portée contre le pape Léon III :
Nos Sedem apostolicam … judicare non audemus, nam ab ipsa nos omnes judicamur, ipsa autem a nemine judicatur (Hardouin, Concilia, t. IV, col. 969. Cf. Vacandard, art. cit., col. 517).

Un grand pape du XIIIe siècle, Innocent III, tout en admettant qu’un Souverain pontife puisse, dans un cas extrême, être jugé, introduit aussitôt la distinction qui sera dans la suite approfondie et élucidée par les auteurs:
« Potest (pontifex) ab hominibus iudicari vel potius judicatus ostendi,si videlicet evanescat in haeresim, quoniam qui non credit iam judicatus est”
(Sermo IV, In consecratione pontificis; P. L., t. ccxvii col. 670.


Résumons, en guise de conclusion, l’explication que les meilleurs théologiens et canonistes ont donnée à cette difficulté :


(Bellarmin, De Romano Pontifice, 1. II, c. 30; Bouix, De papa, t. II, Paris, 1869, p. 653; Wernz-Vidal, Jus Decrelalium, 1. VI, Jus poenale Ecclesiae catholicae, Prati, 1913, p. 129) :
Il ne peut être question de jugement et de déposition d’un pape dans le sens propre et strict des mots. Le vicaire de Jésus-Christ n’est soumis à aucune juridiction humaine. Son juge direct et immédiat est Dieu seul. Si donc d’anciens textes conciliaires ou doctrinaux semblent admettre qu’il puisse être déposé, ils sont sujets à distinction rectification.



  • Hérétique


Dans l’hypothèse, invraisemblable d’ailleurs, où le pape tomberait dans une hérésie publique et formelle, il ne serait pas privé de sa charge par un jugement des hommes, mais de par son propre fait, puisque l’adhésion formelle à une hérésie l’exclurait du sein de l’Eglise.



  • Schismatique


Si un schismatique pape était élu, il ne serait pas déposé comme pape, mais traité en usurpateur d’une fonction qu’il n’aurait pas réellement possédée. Ce ne pas serait lui-même qui serait jugé, mais bien l’acte des électeurs.
Le canoniste Fagnanus remarque très justement « Eo casu, non pontifex maximus, sed factum potius eligentium judicatur (op. cit., ad c. 4, De electione, 1. II, t. v, n. 65).



  • Dément


Si enfin un pape tombait dans un état de démence incurable, il n’y aura pas lieu de le déposer par décision des cardinaux , mais le pape,radicalement incapable d’exercer sa charge serait déchu de par le droit divin.
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